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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 16:50

Cet été a été compliqué. Difficile. Quasi insoutenable.

J'ai failli tout plaquer.

Au bout d'1 an et demi d'installation, oui.

 

Et pourtant j'aime mon métier. Quand je peux le pratiquer dans des conditions acceptables.

Avec 15 vraies minutes à accorder à chaque patient au minimum, pas 6 ou 7.

Quand je peux faire de la prévention.

Quand j'ai les moyens de BIEN le faire, tout simplement.

 

Mais pourquoi je n'en ai pas les moyens ?

 

Parce que personne ne veut s'installer dans ma ville ? C'est certain que la population dans mon bassin de vie est vieillissante. Et les jeunes commencent à revenir dans la ville de leur enfance. Et font des enfants. Dans ma patientèle, j'ai 20% de plus de 70 ans, et 17% de moins de 16 ans. C'est varié comme activité. Mais la moyenne de travail  est de 4000 consultations et 500 visites par an et par médecin dans ma région. Ca ne me semble pas insurmontable.

 

Parce que certains confrères ne peuvent plus faire que de l'abattage ? Est-ce que par ricochés, je ne suis pas quelque part obligée de soutenir le même rythme de travail ? Pas forcément. Je ne devrais pas être tributaire du mode d'exercice des autres, et surtout je ne dois pas me laisser contaminer par un mode de travail qui n'est pas le mien et qui n'est par conséquent pas satisfaisant pour moi.

 

C'est peut-être parce que je n'ai pas été formée à la pratique de la Médecine Générale ambulatoire, à la médecine de ville, au delà de la médecine de famille, à la médecine de premier recour, à la gestion d'une entreprise (oui, une vraie petite entreprise, avec des salariés, des factures à payer, des commandes à passer).

 

J'ai choisi cette spécialité de Médecine Générale de manière volontaire, pas par dépit comme peuvent encore le penser certains autres spécialistes ou patients.

Cependant, je n'avais JAMAIS mis les pieds dans un cabinet de Médecine Générale, à part en tant que patiente.

Quand j'y repense, ça me semble incroyable d'avoir eu la possibilité et la chance de tester beaucoup de spécialités, médicales ou chirurgicales, mais JAMAIS la Médecine Générale.

Ca me semble aussi incroyable qu'il n'y ait pas eu plus de cours dans ma fac de prise en charge des pathologies courantes, de jeux de rôles ("Bonjour, j'ai mal au ventre, c'est quoi ?"), des cours d'éducation des patients à l'intérêt des consultations de bobologie.

Ca me semble toujours incroyable de ne pas avoir au moins assisté à un petit séminaire obligatoire, on va dire durant l'internat de Médecine Générale, de gestion de cabinet (les différents types d'installation, les charges à prévoir, les assurances à prendre...).

 

Et je me demande, aujourd'hui, maintenant, en écrivant, comment j'ai pu, FOLLE que je suis, choisir de nous plonger, moi et mon TeddyBear, dans l'inconnu le plus total.

 

#PrivésDeMG

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Published by bulledeviebulledesurvie - dans Survie
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commentaires

mg2brousse 19/09/2013 09:45

Merci !!! C'est tellement ça... L'été a aussi été compliqué ds ma jolie maison de santé... Heureusement tu as un Teddy Bear ;)
Courage pour l' hiver qui s'annonce!

bulledeviebulledesurvie 19/09/2013 10:02



ouais, j'ai trop de la chance, je sais ;-)



sophie 18/09/2013 11:55

Je croyais que maintenant les futurs MG avaient 1 stage ou 2 obligatoire en libéral (ou lieu de tous les stages en hospitalier).
Je dis ça mais nous n'avons nous non plus aucune formation durant nos études quant à la gestion d'un cabinet, du personnel etc. Et ils ont créé le stage "actif" (qui remplace le "passif" où on
regarde un dentiste libéral travailler) en 6ème année il y a 5 ans à peine, c'est à dire que les sortants d'avant remplaçaient pendant les vacances pour "s'acclimater" de la différence CHU/libéral
...

bulledeviebulledesurvie 19/09/2013 09:59



Durant notre internat (une fois qu'on a choisi qu'on serait médecin généraliste) on a au minimum 1 stage en libéral, stage d'observation, et parfois avec de la chance un 2e stage libéral en
autonomie.


Par contre, en tant qu'externe, donc avant de choisir notre future spécialité, en tous cas quand moi j'étais externe, on n'a jamais foutu les pieds en libéral. Non discutable. Non négociable.


 


Mais ça a peut-être changé.


Merci d'avoir partagé ton expérience en tant que Dentiste !


 



Docteur Vincent 18/09/2013 07:10

qu'est-ce qui a été compliqué cet été?

bulledeviebulledesurvie 19/09/2013 09:51



Une augmentation de l'activité impressionnante. Je ne bosse pas des tonnes d'habitude, mais là, 550 actes sur le mois de juillet, sans rdv, dans le plus grand n'importe quoi, avec l'impression
que l'associé restant bossait le tiers de moi...et se foutait de ma gueule.


QUE DU BONHEUR.



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