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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:17

Les enfants, j'aime pas ça. Enfin, si, c'est mignon.

Mais 2 minutes.

 

Bizarrement, quand j'étais ado, j'en voulais absolument, très rapidement, et beaucoup.

Ou au moins un quoi, histoire de m'occuper. De manière égoïste. Pour avoir un truc à moi. Que les copines n'auraient pas.

Surtout pour avoir quelque chose, enfin quelqu'un, qui ne me laisserait pas.

 

J'ai rencontré mon Cher et Tendre, à la fac, j'avais 18 ans. Lui n'en voulait pas du tout, jamais ô grand jamais.

J'ai dit OK, j'attendrais un peu et pis je le convaincrais.

Finalement, c'est lui qui m'a convaincue !

 

Il m'a permis de comprendre qu'un enfant, c'est pas un jouet, ça prend du temps, de l'énergie (BEAUCOUP d'énergie).

Qu'on fait un enfant pour lui, pas pour soi. Pour permettre à un être de grandir, d'apprendre, d'être heureux.

Que ça engage ta responsabilité. Que ça te fait faire du souci pour tout et n'importe quoi. DURANT TOUTE TA VIE.

 

Donc, j'ai changé mon fusil d'épaule et j'ai dit jamais ô grand jamais.

 

Et puis, les enfants ont commencé à me faire peur.

Qu'est-ce qu'il me veut ? Il va me vomir dessus ? C'est quoi ce regard à la Chucki ?

 

Et pis ma sœur a été enceinte. Je n'ai pas touché une seule fois son ventre. Pas senti la petite bouger intra utéro. Le jour de l'accouchement, j'ai accouru, mais j'ai passé plus de temps à prendre des nouvelles de ma sœur et à l'aider à s'installer dans son lit avec son épisio qu'à regarder la petite.

Je me suis un peu sentie coupable et vide, sans émotions et sans sentiments.

 

Et pis la petite a grandie. Elle a commencé à nous reconnaître, à faire des sourires. A faire des calins. A demander « léoutonta ? », « Tu zou avémoua ? ».

 

Et enfin, le « Je t'aime Tatie ». Spontané.

Sans avoir rien fait hein, genre je l'ai pas payée, je lui avais pas fait de gateau ni de cadeau.

 

Inimaginable pour moi. Qui n'ai jamais entendu ces mots sortir de la bouche de mes parents. Qui n'ai jamais cru qu'on puisse m'aimer pour RIEN, même si L'Homme me le répétait sans cesse.

Incroyable.

 

Un énorme chamboulement. Tout ce monde minuscule, finalement, ça aurait du bon ? Ca me ferait REFLECHIR ?

 

Il était devenu possible d'être aimée sans raison. Sans avoir besoin de se casser en 10 pour soulager ou dépanner l'autre (les autres). Sans avoir besoin de se rendre indispensable auprès des autres.

Et en plus, on peut le savoir, et l'entendre ?

 

Et alors, pourquoi j'avais jamais vu ça ? Et pourquoi je me comporte comme ça ?

Et pourquoi je veux pas d'enfant alors que ça semble permettre de recevoir de l'amour contre rien, si ce n'est ta présence ?

 

Ca a été difficile à supporter pour moi, ces questionnements semi conscients.. J'avais pas l'habitude.

C'est pas loin de ce moment là que j'ai débuté ma psychothérapie.

J'ai trouvé pas mal de réponses grâce à cette psychothérapie, mais pas la réponse de pourquoi j'en veux pas.

Je ne me projette pas dans l'avenir avec un gnome.

Et pourtant, j'aime mes nièces et mon neveu d'un amour immense, sans limite.

 

J'espère leur apporter un peu de joie, de gaieté.

Eux m'ont apporté un enclin à la réflexion personnelle.

 

Pour des nains qui alignent à peine 2 mots, c'est finalement pas si mal.

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Published by bulledeviebulledesurvie - dans Vie
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commentaires

cahuète 19/02/2013 00:33

Ça fait plaisir en tant que personne de sexe féminin de lire des messages dans ce genre.
C'est extrêmement difficile de faire passer ça à l'entourage, les gens passent leur temps à vouloir te remettre dans la petite boite mariée avec marmots, te répètent que ça te passera, quand tu
rencontreras le bon (pour moi c'est pas fait :p). C'est extrêmement fatigant aussi à la longue...
Je suis childfree convaincue, en grande partie pour des raisons écologiques, et que je n'ai pas l'impression d'avoir grand chose à transmettre qui serait uniquement utile pour une progéniture. Je
sais que je ne supporterais pas d'avoir des enfants stupides, qui ne soient pas comme je le voudrais, et comme j'ai reconnu ça (contrairement à pas mal de monde je crois), que je ne peux pas en
changer car je suis très exigeante et intransigeante avec les autres, je crois que c'est mieux pour tout le monde que je m'abstienne.

Par contre pour
"Sans avoir besoin de se casser en 10 pour soulager ou dépanner l'autre (les autres). Sans avoir besoin de se rendre indispensable auprès des autres." oui et non... Là ta petite nièce te dit je
t'aime parce que c'est des mots tout beaux tout neufs qui font plaisir à l'adulte qu'elle aime, mais bon, après tu pars pour 15 ans de galères avec un merdeux à qui il faut payer un iphone... Et
puis, par définition, vu notre espèce plus nidicole tu meurs, tu te fais forcément indispensable. Ce qui est, à mon avis, une des grandes motivations à faire des enfants : avoir un "but" dans la
vie, une aspiration facile tout en étant impossible, se donner un statut social (je suis une mère et plus une femme, il y a quelqu'un et même plutôt des gens puisqu'on est en France et qu'on est
bien peu d'enfants uniques qui dépend de moi), se rendre indispensable, oui.

Bref, je sais que si mon choix à moi aussi est clair, je vais certainement en baver à certains moments de ma vie et me poser plein de questions. Ça m'effraie un peu, mais au moins j'aurai le
courage de m'y confronter plutôt que de succomber en écartant lascivement les cuisses.

nokids 16/11/2012 14:53

Pour tous les childfree qui se sentent seuls à penser comme ça, bienvenue parmi nous !

acudoc 28/09/2012 11:20

J'arrive un peu tard, mais bon, j'avais envie de causer de ce sujet, vu que je suis passée par toutes les couleurs dans ce domaine!Je ne m'étais jamais imaginée maman, et pourtant me voilà flanquée
d'un Morfalou que j'adore. Je suis incapable de refaire le cheminement du pourquoi j'en suis arrivée là. J'ai arrêté la pilule (volontairement), je suis tombée enceinte, et tout ce que j'ai trouvé
à faire c'est pleurer pendant 1 semaine...TU vas me dire que si j'étais pas contente, je pouvais interrompre le processus, ben non, c'est pas si simple.Pour te dire que la décision de devenir
parent entraîne, réveille des contradictions énormes! Alors je ne peux que comprendre ton point de vue. Cependant, je n'ai pas choisi de faire une psychothérapie pour comprendre mes contradictions,
j'ai choisi de me laisser porter par la vie, et finalement, c'est pas mal!

caro 05/08/2012 21:07

ben pour ma part, j'ai deux mômes, je les ai voulus à fond, je les aime à fond... et pourtant je comprends très bien qu'on n'en veuille pas! en fait surtout je trouve ça très honnete, parce que des
gens qui ne se l'avoue pas y en a pleins. Ils font des enfants parce que c'est dans l'ordre des choses, c'est logique, c'est comme ça ou sous la pression. Sauf qu'il faut être prés à affronter un
engagement définitif, non négociable et une inquiétude permanente. Alors je trouve ça normal que des personnes n'en aient pas envie et plutôt sain de l'admettre. ce que je trouve encore plus sain
aussi, c'est de s'acorder le droit de changer d'avis dans un sens comme dans l'autre

Charline 26/07/2012 10:16

Je sais que ça ne paraît pas évident vu la propagande qui nous entoure, mais on a le droit de ne pas avoir envie d'enfant à soit, sans pour autant devoir se justifier, trouver des raisons
ultra-profondes à l'intérieur de soi. Tu le dis, c'est une sacré responsabilité, à vie, et si t'as pas envie de signer, tu signes pas épicétou ;)

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