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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 11:26

Voici quelques phrases dites mot pour mot par des patients, dont la logique me laisse perplexe.

La réflexion qui les mène à de telles évidences ne cesse de m'interroger.

 

« Elle a eu chaud toute la journée, mais il faut dire qu'elle est restée dans la maison tout le week end ».

 

Donc, elle a fait comme une tuile, elle a conservé la chaleur de la maison pour la restituer le lundi.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Je dois vous dire que depuis que j'ai eu ce gros choc psychologique, je fais beaucoup d'infections urinaires ».

 

C'est bien connu l'effet de l'augmentation du taux d'adrénaline sur le développement bactérien intra vésical. J'ai lu un paquet d'études là dessus récemment.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Prescrivez moi l'Arthrosia° là, ça me purifie le sang »

 

Arthrosia°, anti inflammatoire de son état, nouvelle méthode de dialyse, très prisée des insuffisants rénaux.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ça sentait trop les produits de décapage, alors j'ai été obligé de recommencer à fumer ».

 

Bah ça fonctionne comme les spray pour chiotte, la fumée de cigarette permet de cacher l'odeur des produits toxiques.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ça me gratte beaucoup sur les bras mais c'est parce que j'ai été opérée de la totale il y a plus de 20 ans ».

 

Alors là, les démengeaisons retardées, c'est tout à fait possible. Comme certaines maladies professionnelles : ça peut se voir jusqu'à longtemps après l'exposition.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Je lui ai DIT que son rhume venait de ses chaussettes mouillées ».

 

Le rhume des pieds. Je devrais proposer ça en sujet de thèse tiens, ça devrait permettre de faire une publication.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Il faisait froid, alors forcément ma tension est montée à 30 ».

 

Ce qui permet au sang pas encore gelé d'être propulsé dans les vaisseaux et de se comporter comme un brise glace.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ah non, je suis pas constipée. Pour preuve, quand j'ai mes règles, je perds bien le sang ».

 

Alors là, je sais pas.

 

 

Tout ça pour dire que le mode de pensée de certains patients est totalement opaque pour nous, soignants, très attachés à la logique cartésienne.

Et parfois, ce serait en effet bien pratique d'avoir un sous titrage, comme le dit Armance ici

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 11:32

J'ai envie de rêver ma résolution.

 

Une résolution professionnelle.

 

Qu'est ce que je pourrais bien changer dans ma pratique actuelle pour

1- me sentir mieux

2- mieux m'occuper de mes patients ?

 

Tout d'abord mes horaires.


Je rêve de recevoir uniquement sur RDV, avec des créneaux différents en fonction du motif de consultation :

  • 20 minutes pour la gynéco

  • 30 minutes pour le suivi des enfants

  • 30 minutes pour les pathologies dépressives et associées

  • 10 minutes pour les renouvellements, les rhino, les angines, les otites et les gastro.

Ca me permettrait de voir autant de monde, mais en donnant le temps nécessaires aux consultations longues. Pouvoir sentir que je ne bâcle pas la consultation à ne pas bâcler.

 

Et ça signifierait pour moi des horaires précis, sans gros dépassements, sans surprise. Des visites en faible nombre, moins de kilomètres annuels, uniquement les justifiées.

 

Ensuite améliorer l'utilisation du logiciel patient par tout le monde.

 

Remplir l'intitulé de la consultation du jour, afin de pouvoir retrouver plus facilement LE truc.

Faire les ordonnances à partir du logiciel, pour qu'on puisse y avoir facilement accès et surtout qu'on puisse relire les prescriptions.

Noter les innombrables INR avec les doses recommandées d'AVK, histoire de gagner du temps pour les appels suivants. « Et votre INR la dernière fois il était à combien ? Et vous preniez quelle dose ? Et c'était il y a combien de temps ? » Tout ça peut être écrit sur la meme ligne du logiciel en 10 secondes chrono.

Noter les traitements donnés suite à un appel téléphonique. Pour ne plus avoir les fameux : "Allo, c'est pour votre ECBU, je vous ai préparé une ordo avec un antibiotique car il y a un microbe. Ah ? DrAssocié vous a déjà fait une ordonnance ? Bon, je vais jeter la mienne alors, désolée de vous avoir dérangée."

 

Enfin éduquer tous ensemble et de la même manière les patients.

 

Refuser les visites non justifiées. Et faire la régulation des demandes de visites pour les associés et refuser les visites refusables.

Refuser les patients sans RDV qui viennent sur les plages de RDV.

Refuser les patients qui arrivent après l'heure de fermeture. Mais, ne pas refuser des patients qui sont venus à l'heure dans la plage sans RDV, même s'il est déjà 13h20 quand c'est enfin leur tour.

Ne pas prendre le téléphone le matin avant l'arrivée de la secrétaire.

Ne pas faire d'ordonnances sur le coin du bureau pour le renouvellement du traitement post ischémique.

Ne pas faire de certificat de sport sur le coin du bureau.

Faire payer au patient ce qu'il doit (donc côter les MGE, MNO, IK etc).

 

 

 

En fait, ce que j'aimerais, c'est travailler AVEC mes confrères, et pas à côté d'eux, pas contre eux.
Et surtout, j'aimerais qu'on me laisse la possibilité de travailler pour mes patients. Pour leur offrir la meilleure prise en charge dont je suis capable, et le moins de perte de chance possible.

Mais pour pouvoir faire ça, j'ai besoin d'énergie.

 

Et donc j'ai besoin de ne pas laisser mon énergie se perdre dans des problèmes d'organisation.

 

 

Ma résolution, pour 2014, c'est de pouvoir faire un 14 juillet à moi, avec un feu d'artifice sur un fond musical que j'aime. Une révolution !

 

MA révolution.

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:57

J'ai eu des bébés pour les examens des 1er et 3eme mois.

« Sontipameunion »

 

J'ai eu des renouvellements pour des patientes, pour lesquelles j'en ai profité pour faire de la prévention et des frottis.

« Dites mois si je vous fais mal »

 

J'ai eu des renouvellements pour des patients allant bien, ayant perdu du poids, et ayant amélioré leur bilan biologique.

« Félicitations, vous pouvez être fier de vous »

 

J'ai eu une bronchite hypersécrétante qui était littéralement sur le cul de voir que j'avais regardé le dossier et que je savais donc qu'elle était diabétique.

« C'est mon métier quand même ^_^ »

 

J'ai eu une arthrite microcristalline douloureuse.

« Faut glacer, mais ça va rentrer rapidement dans l'ordre, courage »

 

J'ai eu des gastros en veux-tu en voilà

« Et on est d'accord, vous vous la gardez hein »

 

J'ai eu des toux sèches trainantes depuis plusieurs semaines.

« On va tout faire pour que ça rentre rapidement dans l'ordre, courage »

 

J'ai eu un malaise vagal d'il y a 3 jours, qui allait bien mieux.

« C'est très angoissant, mais c'est pas très grave »

 

J'ai vu des infections urinaires basses sans complication.

« Ca va vous améliorer vite, mais il faut beaucoup boire »

 

J'ai eu des patientes (beaucoup) venant pour leur suivi gynéco, dont une avec un gardnerella trainant depuis à priori plusieurs années.

« Vraiment, vous allez vous sentir beaucoup mieux rapidement (et sentir meilleur huhu) »

 

J'ai eu une annonce de grossesse chez une jeune femme en plein bilan d'infertilité.

« Vous allez aller faire les bilans, prendre rendez vous chez les gynécologues de l'hôpital. Félicitations ! »

 

Les journées comme hier sont encore trop rares à mon goût.

Des gens gentils, souriants.

Certains malades certes, mais pas énervés. OK, sauf celle qui est arrivée à la bourre et qui n'a pas supporté un coup de pied au cul refus de ma part.

Beaucoup en bonne santé, sans plainte particulière, avec qui je peux prendre le temps de faire de la prévention.

 

Et puis des bonnes nouvelles, et ça, ça fait du bien.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 18:39

8 femmes.

8 personnes exemplaires, pour qui je ressens parfois de la sympathie et toujours de l'admiration.

8 êtres humains qui me font percevoir les choses importantes dans la vie.

 

 

Je  la vois uniquement à domicile, et ce depuis mon installation. Elle est toujours souriante, toujours en train de rigoler, avec sa voix haut perchée.

Elle vit avec ses parents,  son frère et sa sœur, comme avant. Elle est revenue dans le cocon familial de manière définitive en avril, mais n'avait en réalité jamais bougé de chez eux depuis janvier.

Elle a un métier administratif, mais elle n'est plus vraiment capable de l'assumer, et a eu le mois dernier l'accord pour passer en invalidité à 80%.

Elle faisait des allers retours hebdomadaires à GranVille, dans l'hôpital spécialisé, mais ils ne la traitaient vraiment pas bien. Alors elle va maintenant à MoyenneVille, et ça semble se passer mieux.

Souvent, elle tousse. Parfois, elle a une bronchite. Ces derniers temps, elle a une éruption pas jolie sur les zones de frottement et de macération.

Quand je l'ai vue pour la dernière fois, avant de partir en congés, elle m'a dit "A l'année prochaine Docteur, enfin si je suis toujours là" avec un immense sourire.

Je ne sais pas comment je vais la trouver à mon retour, ni même si je vais la retrouver.

 

Elle a 42 ans, et un cancer du sein multimétastatique.

 

 

Son mari a un cancer cutané ET une leucémie lymphoïde chronique. Oui, il y en a qui n'ont pas de chance.

Il a un caractère particulier, pouvant passer d'une seconde à l'autre d'un mari tendre, aimant et attentionné  à un salaud insultant. Il est comme ça depuis toujours, mais encore plus depuis la reprise du cancer et la chirurgie des parotides.

Elle prend toujours tout avec le sourire, des annonces de rechute aux rendez vous de radiothérapie, en passant par les moqueries de son mari et les sautes d'humeur qui envoient tout vadinguer dans la maison.

Leurs 2 filles sont hyper présentes, et entourent bien leurs deux parents.

Je ne sais pas comment elle fait pour garder le moral, continuer à être avenante, ni comment elle peut penser à m'offrir des chocolats pour Noël.

 

Elle a 65 ans, et un mari très malade.

 

 

Elle est pomponnée à souhait, et vient toujours avec un sourire magnifique.

Elle a eu 2 enfants de son premier mari.

Il l'a plaquée au moment de la grossesse du second.

5 mois après l'accouchement, elle a été fauchée par un chauffard qui l'a laissée pour morte.

Elle est restée plusieurs jours (mois ?) dans le coma, a subi de multiples interventions, garde des séquelles au niveau sensitif et moteur sur la main dominante.

Des témoins ont permis de retrouver le chauffard, qui avait en fait été payé par l'ex mari pour la tuer.

Des années de combat en rééducation et en justice.

Plusieurs années après, ce qui semble compréhensible, elle garde encore des traces de cette histoire. Et pense que son compagnon actuel a honte de ce qui lui est arrivé.

Je lui ai fourni le soutien psychologique dont elle avait besoin pour reprendre un peu confiance en elle et comprendre que son compagnon n'a pas honte de cette histoire, mais imaginait simplement qu'en n'en parlant pas autour d'elle, la douleur s'atténuerait.

Elle continue à venir me voir pour le renouvellement de son antidépresseur. En souriant.

 

Elle a 49 ans, et un homme qu'elle avait aimé a tenté de la tuer.

 

 

Elle a mal au ventre. Tout le temps.

Pas de signes cliniques inquiétants, mais une douleur constante et handicapante.

Elle a donc subi une coloscopie. Diagnostic retenu : colopathie fonctionnelle. Son mal-être se manifeste donc par désordres intestinaux.

Elle a compris la maladie,  et saisit l'occasion pour rencontrer un infirmier psy au centre médico-psychologique de la ville.

En revenant me voir, elle m'explique avoir compris d'où venaient ces douleurs, qui finalement sont concomitantes avec des crises d'angoisse.

Et puis, c'est vrai, son frère s'est fait virer de chez lui par sa compagne, son père a fait récemment un AVC, sa mère est névrosée à n'en plus finir, elle n'a pas de boulot, pas de formation, et se prépare pour passer les concours de la fonction hospitalière.

Quelques mois plus tard, elle repasse et me dit avoir raté ses concours.

Mais il y a d'autres sessions bientôt, et elle se sent plus sereine, et finalement plus prête pour enfin réussir.

 

Elle a 28 ans, et sait maintenant qu'elle ne peut pas tenir sa famille à bout de bras .

 

 

Elle est trop fatiguée pour se déplacer.

Son ancien médecin allait la voir à domicile tous les 15 jours. C'est lui qui, en partant à la retraite, lui a conseillé de me prendre comme médecin traitant.

Elle n'a finalement pas tant d'antécédents que ça, des traitements inutiles qu'on supprime petit à petit.

Et puis, elle a fait une douleur thoracique, envoyée aux urgences par mon associé. Diagnostic : tritronculaire, redevable d'un traitement médical.

Elle a bien compris ce qu'on lui annonçait, a été totalement d'accord avec la prise en charge non invasive.

Mais elle voudrait pouvoir marcher dans son jardin comme avant. Ne plus sentir la douleur dans sa poitrine, ni l'essoufflement à la montée des escaliers. Mais elle remarque qu'elle dort beaucoup mieux.

On tente d'introduire des traitements pour soulager son cœur, mais elle ne tolère pas grand chose et a une tension limite.

Elle comprend qu'elle va mourir, mais veut retarder l'arrivée de la fin le plus possible, pour sa petite fille qu'elle a élevée et pour ses arrières petites filles qu'elle voit grandir.

 

Elle a 98 ans, et va bientôt mourir.

 

 

Elle vivait seule dans sa grande maison à TrouPauméLesOies.

Pendant l'été, pour pouvoir la surveiller, ses filles ont décidé de la faire venir à TrouPauméLaMarchande, histoire de la faire manger et boire.

Elle a bien supporté l'idée d'un séjour. Mais temporaire.

Malheureusement, elle a commencé par se casser le col du fémur. 1 mois de convalescence plus tard, elle ne marchait plus et était incontinente.

Puis elle a fait des épisodes de confusion, m'ayant laissé croire à un AVC. Transfert à l'hôpital, scanner, prise de sang : il n'y a pas d'AVC, retour à l'envoyeur.

La confusion bien entendu n'était pas réglée, et ho surprise, il y avait une hyponatrémie (diminution du taux de sodium dans le sang) à l'analyse biologique faite par l'hôpital. Ils m'avaient fait un courrier me conseillant de prescrire une supplémentation.

Elle arrachait les perfusions, refusait de s'alimenter. Après 2 passages aux urgences de 12 heures, elle a finalement été hospitalisée en gériatrie.

La natrémie est maintenant normalisée, après l'arrêt d'un médicament qui n'est pas connu pour donner des hyponatrémies et la prise de 6 g de sel par jour sous forme de gélules.

Aujourd'hui, grâce à l'aide de sa fille, elle est de nouveau elle, elle remarche, elle mange et fait des blagounettes quand je viens la voir : "Mais QUI êtes vous Madame ? Ahah, non, je blague Docteur".

Elle a accepté le fait de rester définitivement à TrouPauméLaMarchande.

 

Elle a 94 ans, et une force hors du commun.

 

 

Elle ne m'a jamais consultée.

En ce moment, elle a mal au ventre. Et des nausées. Et elle est fatiguée. Ah oui, et elle a un retard de règles de 2 semaines.

Elle ne prend pas de contraception, puisqu'elle ne supporte pas l'idée d'avoir un corps étranger en elle (donc pas de stérilet, ni d'implant) et ne tolère AUCUNE pilule en dehors de Diane 35 que personne, allez savoir pourquoi, ne veut lui prescrire.

Bien entendu, elle a des rapports. Elle tient même un calendrier (oui oui). Mais les rapports sont non protégés. Mais les partenaires sont fiables. Oui, LES partenaires.

Elle a déjà compris qu'elle était enceinte, mais veut l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre. Et de préférence pas son médecin habituel, qu'elle pense moraliste.

La grossesse n'est pas désirée, pas programmée. Elle a déjà 2 enfants. De 2 pères différents. Et pas de travail. Mais il n'est pas question de stopper cette grossesse, alors elle assumera.

Elle repartira avec sa prise de sang, son acide folique, et un rendez vous à mon retour.

 

Elle a 22 ans, et dans 9 mois elle enfantera à nouveau.

 

 

Je ne la connais pas. Enfin pas de manière réelle. Mais je pense la connaître un peu de manière virtuelle. Je pense même qu'on pourrait devenir de bonnes amies si on habitait à côté.

Elle est toujours drôle, toujours souriante, toujours à blaguer. Très branchée bagatelle. Et très spontanée.

Elle a un compagnon, et un fils adorable.

Elle a subi une intervention chirurgicale il y a quelques mois, et a probablement un peu de mal à s'en remettre, même si elle répond toujours "tout va bien !".

Je ne pense pas qu'elle soit heureuse dans sa vie actuelle. Je pense qu'elle s'est laissée enfermer dans une relation de couple non gratifiante, avec à priori un homme violent (même si elle ne le dit pas ouvertement).

Mais elle sourit de nouveau. Elle a rencontré l'homme de sa vie, et elle est certaine d'être heureuse avec lui. Je ne l'ai jamais vue (lue) aussi joyeuse.

Cependant, son compagnon actuel a tout découvert. Et il ne prend pas la chose particulièrement sereinement. Les coups pleuvent, et même si elle se veut rassurante dans ses messages, je sens bien la peur qu'elle ressent. Elle ne peut pas partir maintenant, elle serait complètement à la rue, sans famille, et avec personne pour l'accueillir.

Dans maintenant 3 jours, elle est censée retrouver son amour et rester avec lui de manière définitive. Si son actuel compagnon la laisse partir.

 

Je ne sais pas quel âge elle a, et j'ai peur pour elle.

 

 

 

 

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 12:19

« J'ai des boutons en bas, ça me démange. »

En bas de quoi, de chez vous ?

 

« J'arrive plus à m'asseoir, j'ai trop mal. »

Mais tu as mal OÙ précisément ??

 

« Mes gammaGT augmentées, ça peut être du à quoi ? Parce que j'ai vu sur internet... »

Et bien si tu sais déjà, pourquoi tu me poses la question ?

 

« Vous pourriez dire à ma mère de ne plus utiliser le gaz chez elle ? »

Heu...

 

« Vous pourriez dire à mon fils qu'il faut qu'il arrête de sécher les cours ? »

Heu...

 

« Vous pouvez appeler la dermatologue pour qu'elle me reçoive plus vite ? »

Non, il n'y a pas d'urgence vitale à vous faire enlever ces boules de graisse non.

 

« Et pourquoi l'épreuve d'effort elle me serait pas remboursée ? »

Parce que faire du sport, ce n'est pas être malade. En tous cas, pas du coeur. De la tête, je dis pas.

 

« Ah, oui, c'est ce que m'a dit le cardiologue aussi. »

Tu cherches à me tester ou tu n'as VRAIMENT pas confiance dans ton cardiologue ?

 

« Docteur, aujourd'hui, je viens pour PLEIN de raisons. »

Et moi je crois que je vais partir tiens.

 

« Et la pneumonie/l'angine/l'infection urinaire ça vient de quoi ? »

Pfff. Voilà.

 

« Je voudrais commencer à diminuer mon antidépresseur. {…}. C'est vrai qu'en ce moment, ça va pas très fort quand même. »

Attends. Tu vas faire le lien du pourquoi de mon refus.

 

« Et alors le spécialiste, il m'a dit que j'avais un problème avec ma thyroïde, mais j'ai pas osé dire que j'avais pas compris »

On reprend.

 

« J'ai mal aux côtes, ça m'empêche de respirer. Comme si elles étaient cassées. Et puis j'ai mal au ventre aussi. Et puis, j'ai pas le moral, je pleure tout le temps en ce moment. Au boulot ça va pas du tout. »

Viens, assieds toi, on va parler.

 

« Bonjour, je suis une nouvelle patiente. Je suis infirmière. Mon principal antécédent est une insuffisance surrénalienne chronique que je traite moi même »

Triple peine.

 

« Je ne m'occupe pas bien de ma santé. J'ai fait des analyses récemment avec mon docteur de mon ancienne ville, mais j'ai déménagé, donc tenez. Et pis j'ai mal mal à mon estomac, ca ne se calme que quand je mange. »

Insuffisance thyroidienne. Diabète. Dyslipidémie avec 7g de triglycérides. Cytolyse hépatique. Et ulcère gastrique donc.

On n'a pas le cul sorti des ronces.

 

 

 

 

 

 

« Tu dis pas au revoir au Docteur ? »

Smack Smack.

Voilà voilàààààà !

 

 

 

 

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 14:29

Je suis dans la voiture, en direction de GrandeVille où j'ai grandi.

Ce trajet me fait revenir chez moi, mais aussi remonter dans le temps, mon esprit vagabonde.

 

Le soleil se couche sur ma droite, avec cette couleur particulière au mois d'Octobre, rose-orangée que j'aime tant.

Les nuages sont bas mais de forme allongée, me donnant une impression de tranquillité.

Ca me donne une sensation mélancolique, comme si on était en bord d'océan hors saison.

 

Je pense à la chanson de Cabrel du même nom, qui elle aussi me renvoie une espèce de mélancolie facilement identifiable, autant par les paroles que par la mélodie des instruments et de la voix de Francis.

 

Je pense au feu de cheminée. À ce bruit typique de craquement du bois, à cette odeur. Et à cette sensation de chaleur douce sur le devant, et de froid piquant sur le derrière. A la position allongée sur la tapis, sur le ventre, pour regarder la télé ou pour lire, les parents sur le canapé, le chat contre moi.

Et aussi aux marrons cuits sous la braise.

 

Les champs sont coupés ras à cette époque-ci.

Ca me fait penser aux 40 ans de mon frère, l'année dernière, dans les Pyrénées, où il faisait très froid mais où nous avons pu profiter de ma nouvelle belle sœur et de son ventre rond, des bains d'eau chaude remplis d'espagnols. J'aime sortir sous la neige avec les cheveux mouillés mais avec plein de chaleur dans le cœur.

 

Mes pensées vagabondent jusqu'aux Noëls quand j'étais petite. On s'habillait comme pour une grande réception, avec des tenus achetées exprès, brillantes.

Nous mettions la table ronde devant la cheminée, un vinyl sur la platine, et on préparait le repas tous ensemble.

 

Et je repense aussi aux dimanches soirs, et aux soirées sandwich préparés par maman. Œufs mimosas, rillettes, saucisse sèche, jambon. On grignotait devant le film sponsorisés par je ne sais plus quelle marque de VHS, avec un caméléon.

 

Et puis les missions au célèbre restaurant de hamburgers tenu par un clown, pour récupérer les pin's (oui mesdames et messieurs, des PIN'S) illustrant la chanson Black and White de Michael Jackson sortie à ce moment-là. Je me rappelle parfaitement de la célèbre place russe.

 

Et je repense aux journées passées au ski avec papa. Deux fois par saison, on prenait la voiture tôt le dimanche matin, avec du Chicago en fond sonore.

On montait jusqu'au pied de la station, on louait les skis. On achetait de quoi pique niquer à Ax Les Thermes, puis on montait à la station.

Et on mangeait au soleil, le cul sur la neige.

 

L'hiver, c'est nul parce qu'il y a peu de lumière, les journées sont courtes et il fait froid.

Mais les sensations sont intenses, elles s'ancrent dans ma mémoire.

Je pense avoir plus de souvenirs agréables de cette saison que de toutes les autres réunies.

 

Et chaque année, j'ai hâte qu'elle revienne.

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 09:54

D'aussi loin que je me souvienne...

 

On écoutait de la musique à la maison. De la musique classique avec mes parents, mais pas que.

Mes parents, ils étaient « in », mon père avait été dans un groupe qui a enregistré un vinyl.

Donc en vrac, on écoutait

 

Bribes d'enfance, bouts de scène...

 

Ma culture musicale me vient ensuite de mon frère.

La bonne musique des années 70, 80 et 90 dans toute sa splendeur, écoutée en cachette le soir en entrouvrant la porte de sa chambre pour m'endormir en rythme.

Il y avait

 

Nous n'étions pas très bavards...

 

Ma sœur écoutait de la musique à la mode à cette époque là, et je ne suis pas peu fière de connaître et de chanter avec le sourire à chaque fois

 

Et moi je n'étais pas comme eux...

 

Finalement, en mélangeant tout ça, toutes ces influences musicales, je me suis forgé ma propre culture, faite de vieux, de moins vieux, de récent ressemblant à du vieux.

 

Ca ne s'arreterait jamais si je me laissais emporter à vous faire écouter tout mon univers.

Mais ca représente assez bien mon état d'esprit et mes humeurs. Des artistes souvent auteurs compositeurs, des vrais musiciens, qui se donnent dans leur musique.

Des musiques alternant les rythmes, du parfois violent, du parfois calme ou triste.

 

Tout ça c'est moi.

 

 

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:17

Les enfants, j'aime pas ça. Enfin, si, c'est mignon.

Mais 2 minutes.

 

Bizarrement, quand j'étais ado, j'en voulais absolument, très rapidement, et beaucoup.

Ou au moins un quoi, histoire de m'occuper. De manière égoïste. Pour avoir un truc à moi. Que les copines n'auraient pas.

Surtout pour avoir quelque chose, enfin quelqu'un, qui ne me laisserait pas.

 

J'ai rencontré mon Cher et Tendre, à la fac, j'avais 18 ans. Lui n'en voulait pas du tout, jamais ô grand jamais.

J'ai dit OK, j'attendrais un peu et pis je le convaincrais.

Finalement, c'est lui qui m'a convaincue !

 

Il m'a permis de comprendre qu'un enfant, c'est pas un jouet, ça prend du temps, de l'énergie (BEAUCOUP d'énergie).

Qu'on fait un enfant pour lui, pas pour soi. Pour permettre à un être de grandir, d'apprendre, d'être heureux.

Que ça engage ta responsabilité. Que ça te fait faire du souci pour tout et n'importe quoi. DURANT TOUTE TA VIE.

 

Donc, j'ai changé mon fusil d'épaule et j'ai dit jamais ô grand jamais.

 

Et puis, les enfants ont commencé à me faire peur.

Qu'est-ce qu'il me veut ? Il va me vomir dessus ? C'est quoi ce regard à la Chucki ?

 

Et pis ma sœur a été enceinte. Je n'ai pas touché une seule fois son ventre. Pas senti la petite bouger intra utéro. Le jour de l'accouchement, j'ai accouru, mais j'ai passé plus de temps à prendre des nouvelles de ma sœur et à l'aider à s'installer dans son lit avec son épisio qu'à regarder la petite.

Je me suis un peu sentie coupable et vide, sans émotions et sans sentiments.

 

Et pis la petite a grandie. Elle a commencé à nous reconnaître, à faire des sourires. A faire des calins. A demander « léoutonta ? », « Tu zou avémoua ? ».

 

Et enfin, le « Je t'aime Tatie ». Spontané.

Sans avoir rien fait hein, genre je l'ai pas payée, je lui avais pas fait de gateau ni de cadeau.

 

Inimaginable pour moi. Qui n'ai jamais entendu ces mots sortir de la bouche de mes parents. Qui n'ai jamais cru qu'on puisse m'aimer pour RIEN, même si L'Homme me le répétait sans cesse.

Incroyable.

 

Un énorme chamboulement. Tout ce monde minuscule, finalement, ça aurait du bon ? Ca me ferait REFLECHIR ?

 

Il était devenu possible d'être aimée sans raison. Sans avoir besoin de se casser en 10 pour soulager ou dépanner l'autre (les autres). Sans avoir besoin de se rendre indispensable auprès des autres.

Et en plus, on peut le savoir, et l'entendre ?

 

Et alors, pourquoi j'avais jamais vu ça ? Et pourquoi je me comporte comme ça ?

Et pourquoi je veux pas d'enfant alors que ça semble permettre de recevoir de l'amour contre rien, si ce n'est ta présence ?

 

Ca a été difficile à supporter pour moi, ces questionnements semi conscients.. J'avais pas l'habitude.

C'est pas loin de ce moment là que j'ai débuté ma psychothérapie.

J'ai trouvé pas mal de réponses grâce à cette psychothérapie, mais pas la réponse de pourquoi j'en veux pas.

Je ne me projette pas dans l'avenir avec un gnome.

Et pourtant, j'aime mes nièces et mon neveu d'un amour immense, sans limite.

 

J'espère leur apporter un peu de joie, de gaieté.

Eux m'ont apporté un enclin à la réflexion personnelle.

 

Pour des nains qui alignent à peine 2 mots, c'est finalement pas si mal.

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:09

Je suis une fille bourrée de rituels...

 

Le rituel du coucher.

 

Je considère que ma journée commence toujours au moment où je vais me coucher. C'est le meilleur moment de ma journée, celui où je me rends toujours en souriant.

Bon, intérieur le sourire, parce que je suis en général tellement lessivée que j'ai pas la force de bouger beaucoup de muscles. Alors je vais pas gâcher cette force dans mes zygomatiques, vous comprendrez...

 

Donc, je me couche, je mets une première boule quiès (au cas où il y aurait un orage, j'adore écouter l'orage et la pluie tomber. Oui c'est niais, j'assume.).

Si j'ai le courage, je lis. Sinon, c'est Twitter en alternance avec les sudoku.

Sachez que l'iphone est une invention géniale pour les gens qui, comme moi, ont une plus grande facilité à s'endormir quand leur esprit est concentré sur quelque chose en particulier, logique de préférence.

Les digressions spirituelles de début de nuit, très peu pour moi. Ca a même tendance à me faire flipper, et là c'est l'insomnie garantie.

 

Quand je sens que je relis 5 fois le même tweet, hop, j'enfile la seconde boule quiès, jme retourne et pam, je ronfle.

 

Enfin, en vrai, je suis sure de ne pas ronfler. Par contre, je pousse des petits cris, et parfois je parle. Parfois aussi, comme cette nuit, je me lève. Mais c'est rare.

 

Le rituel du réveil.

 

C'est le moment le plus horrible de ma journée, et il arrive, inévitablement, tous les matins.

Le réveil.

Le lever.

Le « bordel, faut quitter cet endroit douillet et moelleux pour aller combattre la dureté du monde extérieur ».

Ce que je verbalise par un rapide « pfff ». Oui tous les matins. En vrai. Pas que sur twitter.

 

Le rituel de la douche

 

Ce que j'aime moi, dans la vie, après mon homme et mes nièces et neveux, c'est la musique.

Alors, le matin, dans la salle de bain, c'est comme chez Boris (c'est soirée disco, pour ceux qui ont pas suivi).

J'ai une super radio, qui est waterproof et qui se ventouse, achetée dans un magasin national qui vend plein d'objets censés être bio/sympa/bobo.

En vrai, elle est pas waterproof, et pis elle colle pas sur les murs. Donc elle est collée sur le lavabo.

Je passe à peu près 10 minutes à trouver la station qui va bien, qui passe de la musique et pas du blabla de bon matin (non, on ne parle pas le matin, on « pfff » uniquement).

Quand il y a de la musique qui me fait gigoter, je file sous la douche. MON moment. Celui où habituellement, personne de normalement constitué ne vient me déranger.

Bon sauf parfois la coloc, le chat ou mon homme.

Allez, quand c'est mon homme, ça me dérange pas tant que ça.

 

Le rituel de la voiture

 

Devinez ce que je fais en premier quand je saute dans ma voiture.

Hééééé oui je mets le poste en route.

6GO de musique en aléatoire, avec aussi bien du U2, du JJG, du Michel Sardou que du Vivaldi et du Apocalyptica. Oui je sais, je suis une folle moi.

Et là c'est parti pour une dizaine de minutes à chanter (probablement faux d'ailleurs).

 

Celui qui me parle le matin dans la voiture alors que je suis censée chanter...il a droit à mes yeux énervés.

Genre è_é.

 

Le rituel du thé

 

Le mien est bien différent de celui qui a lieu au Japon, mais quand même, il a le mérite d'exister.

Eau qui chauffe en faisant un bruit tonitruant dans la bouilloire électrique, morceau de sucre moitié stévia moitié sucre de canne (là où il y a du plaisir...) et 1 petite cuillère de thé en vrac dans mon touilleur infuseur offert par papa à Noël (meilleur cadeau EVER), le tout dans mon mug spécial offert par ma SuperPote pour mon bureau.

Il est bon mon thé en vrac, parfumé, fruité et fleuri. Pas très fort. Faisant faire beaucoup pipi. Je l'aime vraiment très très fort.

 

C'est mon deuxième moment à moi de la journée, celui auquel je ne déroge pour rien au monde. Et aussi celui que quand je peux pas le faire, je me sens franchement mal.

 

Et comme j'ai la joie d'être maladroite, je renverse régulièrement soit la boîte avec le thé en vrac (ça va, ça se récupère facilement), soit direct le mug contenant 33cl de thé bien chaud et bien sucré. Ca colle légèrement les touches du clavier.

Ce qui nous amène à...

 

Le rituel du ralâge

 

Chuis une professionnelle, une championne du ralage. Championne internationale.

 

Je râle quand il y a pas de patients « Je vais encore me faire chier », « J'aurais pu dormir plus longtemps, pfff », « Et comment je vais le payer moi ce crédit ? »

 

Je râle quand il y a des patients « Chuis fatigué », « Chuis pas motivée », « Ils sont tous chiants ce matin ou quoi ? »

 

Je pourrais être richissime si j'étais payée à la ralerie. J'ai l'impression que ça me détend. Par contre, ça doit pas détendre ceux qui m'écoutent/me lisent. Parce que c'est quasi en non-stop.

 

Et peu de choses me calment.

Mon homme.

Quand je râle pas contre lui. « Il peut pas les trouver tout seul ses clés de voiture ? », « Il peut pas aller faire les courses ? » « Il pourrait pas arrêter de me faire des cadeaux ? »

Mon thé.

Quand je râle pas contre lui. « Il est trop chaud », « Il est trop froid », « Merde, elle pouvait pas rester debout cette tasse bordel ? »

Ma musique.

Quand je râle pas contre elle. « Le son est trop bas j'entends rien », « Le son est trop fort, les patients vont entendre dans la salle d'attente », « Pourquoi elle fonctionne pas la radio 4UClassicRock aujourd'hui putaiiiiiin »

Mes livres.

Quand je râle pas contre eux. « Chié, j'ai encore perdu la page », « Ca m'endooooort », « Bordel, je l'ai laissé sur la table de l'entrée »

 

Attention, voici venir le rituel qui va être le plus hué.

 

Le rituel de « Plus belle la vie »

 

Oui. Le plus souvent possible. Quand je peux pas, ça m'embête. Le week end ça me tue. J'aime cette série.

Pour son côté « il se passe toujours un truc », pour son côté revendiqué non comique.

Pour son côté familial. Pour son côté suspense. Pour son côté éducation de la santé.

Et pis pour son côté « je peux enfin débrancher mes neurones ».

Moi ça me manque de pas pouvoir déconnecter dans la journée. De ne pas pouvoir ne pas réfléchir 2 minutes. Quand j'ai pas de patients, outre le fait de râler, je lis/je fais la compta/autre activité chiante.

Quand je suis dans la voiture, outre la musique, j'ai toujours le téléphone qui sonne, ou je suis toujours en train de me dire « Aaaaaah, j'ai oublié de prescrire la bio à MrPapi », « Chiotte, t'as oublié de faxer l'ordonnance à ta pharmacienne préférée ».

Et quand je rentre à la maison, soit le chat autiste vient miauler pour demander jenesaispasquoi, soit mon homme est là et raconte sa journée (je ne sais pas écouter sans écouter VRAIMENT).

 

Mais quand Plus belle la vie commence, tout le monde le sait, faut se taire, je décroche pas le téléphone, je ne suis plus là pour (presque) personne.

C'est mon VRAI moment à moi, encore plus que celui de la douche ou du thé.

 

 

Je me considère moi-même comme une mémé, avec toutes mes habitudes, mes rituels un peu bancals.

Et c'est cool d'être une mémé !

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 09:02

Mes parents

 

Entre

  • la méthode d'éducation de ma mère : surtout ne disons pas à nos enfants que nous les aimons

  • la dépression de ma mère, réactionnelle au fait de ne pas nous dire qu'elle nous aimait

  • l'absence de mon père, toujours au boulot

 

J'ai finalement été intégrée à une place intrafamiliale qui n'était pas la mienne.

 

Mes « copines » de collège

 

Entre

  • le manque d'amis, ou leur disparition sans un mot

  • la culpabilisation incessante et les périodes de « gueule » entrecoupées de copiage aux devoirs sur table

 

J'ai finalement perdu totalement confiance en moi.

 

Mes profs

 

Entre

  • ceux qui ne m'appelaient pas par mon vrai prénom « C'est quoi déjà ? Savon ? Aaaaah non, Bulle »

  • l'étonnante capacité à me faire des remarques sur des choses que j'étais incapable de contrôler, comme ma grande timidité et mon manque de confiance en moi

J'ai finalement eu l'impression de ne pas servir à grand chose.

 

Mes frère et sœur

 

Entre

  • la différence d'âge relativement importante

  • les études à distance de l'ainé, qui était traité en enfant prodigue lors des retours de fin de semaine

  • la crise d'adolescence de la moyenne, avec ses crises et ses méchancetés

 

J'ai finalement eu l'impression de n'avoir pas la parole dans la fratrie.

 

 

 

Mais en vrai,

 

Mes parents, de par la position qu'ils m'ont imposée sans s'en rendre compte, m'ont permis d'être empathique, assez mûre, et aussi quelqu'un de bien, je crois.

 

Mes copines m'ont endurcie, et m'ont permis de faire, à l'âge adulte, des choix raisonnés et réfléchis en terme d'amitié. Et de faire attention à ne pas blesser les personnes qui me sont chères.

 

Mes profs m'ont permis de me rendre compte qu'il fallait crier aussi fort que les autres pour se faire entendre, que de rester dans son coin sans embêter personne n'était pas un comportement « efficace » en société. Et aussi que je pouvais devenir quelqu'un, et que pour ça, il fallait que je sache devenir critique au lieu de rester dans la démagogie et le politiquement correct.

 

Mes frère et sœur m'ont appris qu'on peut à la fois haïr et aimer une même personne. Qu'il y a des gens dans la vie sur lesquels tu peux toujours compter, et que tu as le droit de t'appuyer sur eux quand tu en as besoin. Et que si tu VEUX parler, il y aura toujours quelqu'un pour t'écouter.

 

 

Les choses négatives de ma vie, j'aime à penser qu'elles sont là pour me permettre de grandir, de m'adoucir parfois, et de m'endurcir souvent.

 

 

 

 

Oubliés dans les moments de candeur

Vous revenez dès que j'ai mal au cœur

Partager mes faiblesses et mes erreurs

Vous êtes un peu de mes amarres, un peu de mon histoire.

Bienvenue sur mon boulevard, quand vient la nuit quand ma raison s'égare

 

JJG

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