Mercredi 5 février 3 05 /02 /Fév 11:26

Voici quelques phrases dites mot pour mot par des patients, dont la logique me laisse perplexe.

La réflexion qui les mène à de telles évidences ne cesse de m'interroger.

 

« Elle a eu chaud toute la journée, mais il faut dire qu'elle est restée dans la maison tout le week end ».

 

Donc, elle a fait comme une tuile, elle a conservé la chaleur de la maison pour la restituer le lundi.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Je dois vous dire que depuis que j'ai eu ce gros choc psychologique, je fais beaucoup d'infections urinaires ».

 

C'est bien connu l'effet de l'augmentation du taux d'adrénaline sur le développement bactérien intra vésical. J'ai lu un paquet d'études là dessus récemment.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Prescrivez moi l'Arthrosia° là, ça me purifie le sang »

 

Arthrosia°, anti inflammatoire de son état, nouvelle méthode de dialyse, très prisée des insuffisants rénaux.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ça sentait trop les produits de décapage, alors j'ai été obligé de recommencer à fumer ».

 

Bah ça fonctionne comme les spray pour chiotte, la fumée de cigarette permet de cacher l'odeur des produits toxiques.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ça me gratte beaucoup sur les bras mais c'est parce que j'ai été opérée de la totale il y a plus de 20 ans ».

 

Alors là, les démengeaisons retardées, c'est tout à fait possible. Comme certaines maladies professionnelles : ça peut se voir jusqu'à longtemps après l'exposition.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Je lui ai DIT que son rhume venait de ses chaussettes mouillées ».

 

Le rhume des pieds. Je devrais proposer ça en sujet de thèse tiens, ça devrait permettre de faire une publication.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Il faisait froid, alors forcément ma tension est montée à 30 ».

 

Ce qui permet au sang pas encore gelé d'être propulsé dans les vaisseaux et de se comporter comme un brise glace.

Enfin, je pense.

Enfin, je crois.

Enfin je suis pas sûre.

 

« Ah non, je suis pas constipée. Pour preuve, quand j'ai mes règles, je perds bien le sang ».

 

Alors là, je sais pas.

 

 

Tout ça pour dire que le mode de pensée de certains patients est totalement opaque pour nous, soignants, très attachés à la logique cartésienne.

Et parfois, ce serait en effet bien pratique d'avoir un sous titrage, comme le dit Armance ici

Par bulledeviebulledesurvie - Publié dans : Vie
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Mardi 7 janvier 2 07 /01 /Jan 11:32

J'ai envie de rêver ma résolution.

 

Une résolution professionnelle.

 

Qu'est ce que je pourrais bien changer dans ma pratique actuelle pour

1- me sentir mieux

2- mieux m'occuper de mes patients ?

 

Tout d'abord mes horaires.


Je rêve de recevoir uniquement sur RDV, avec des créneaux différents en fonction du motif de consultation :

  • 20 minutes pour la gynéco

  • 30 minutes pour le suivi des enfants

  • 30 minutes pour les pathologies dépressives et associées

  • 10 minutes pour les renouvellements, les rhino, les angines, les otites et les gastro.

Ca me permettrait de voir autant de monde, mais en donnant le temps nécessaires aux consultations longues. Pouvoir sentir que je ne bâcle pas la consultation à ne pas bâcler.

 

Et ça signifierait pour moi des horaires précis, sans gros dépassements, sans surprise. Des visites en faible nombre, moins de kilomètres annuels, uniquement les justifiées.

 

Ensuite améliorer l'utilisation du logiciel patient par tout le monde.

 

Remplir l'intitulé de la consultation du jour, afin de pouvoir retrouver plus facilement LE truc.

Faire les ordonnances à partir du logiciel, pour qu'on puisse y avoir facilement accès et surtout qu'on puisse relire les prescriptions.

Noter les innombrables INR avec les doses recommandées d'AVK, histoire de gagner du temps pour les appels suivants. « Et votre INR la dernière fois il était à combien ? Et vous preniez quelle dose ? Et c'était il y a combien de temps ? » Tout ça peut être écrit sur la meme ligne du logiciel en 10 secondes chrono.

Noter les traitements donnés suite à un appel téléphonique. Pour ne plus avoir les fameux : "Allo, c'est pour votre ECBU, je vous ai préparé une ordo avec un antibiotique car il y a un microbe. Ah ? DrAssocié vous a déjà fait une ordonnance ? Bon, je vais jeter la mienne alors, désolée de vous avoir dérangée."

 

Enfin éduquer tous ensemble et de la même manière les patients.

 

Refuser les visites non justifiées. Et faire la régulation des demandes de visites pour les associés et refuser les visites refusables.

Refuser les patients sans RDV qui viennent sur les plages de RDV.

Refuser les patients qui arrivent après l'heure de fermeture. Mais, ne pas refuser des patients qui sont venus à l'heure dans la plage sans RDV, même s'il est déjà 13h20 quand c'est enfin leur tour.

Ne pas prendre le téléphone le matin avant l'arrivée de la secrétaire.

Ne pas faire d'ordonnances sur le coin du bureau pour le renouvellement du traitement post ischémique.

Ne pas faire de certificat de sport sur le coin du bureau.

Faire payer au patient ce qu'il doit (donc côter les MGE, MNO, IK etc).

 

 

 

En fait, ce que j'aimerais, c'est travailler AVEC mes confrères, et pas à côté d'eux, pas contre eux.
Et surtout, j'aimerais qu'on me laisse la possibilité de travailler pour mes patients. Pour leur offrir la meilleure prise en charge dont je suis capable, et le moins de perte de chance possible.

Mais pour pouvoir faire ça, j'ai besoin d'énergie.

 

Et donc j'ai besoin de ne pas laisser mon énergie se perdre dans des problèmes d'organisation.

 

 

Ma résolution, pour 2014, c'est de pouvoir faire un 14 juillet à moi, avec un feu d'artifice sur un fond musical que j'aime. Une révolution !

 

MA révolution.

 

Par bulledeviebulledesurvie - Publié dans : Vie
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Mardi 29 octobre 2 29 /10 /Oct 16:58

Le métier de médecin n'est pas le plus aisé.

Des horaires extensibles à loisir, y compris pendant les vacances ou les week end (lequel d'entre nous n'a jamais regardé les résultats biologiques sur les serveurs internet ? Lequel n'est jamais retourné au cabinet médical pour lire son courrier avant de revenir?)

 

Et il paraitrait que c'est encore plus compliqué quand on est une femme.

 

Quoi ? Nous serions plus faibles ? Moins résistantes ?

Bon, certes, je râle beaucoup, je me plains de la charge de travail. Mais je n'ai pas l'impression de me plaindre plus que mes confrères hommes (bon peut-être un peu, mais c'est surtout lié à mon caractère). Que ceux qui me connaissent me disent ce qu'ils en pensent.

Par contre, en effet, j'ai moins de muscles, j'ai plus de difficultés à bouger le papi de 80kg, tout comme j'ai du mal à bouger une brouette remplie de 80kg de gravier.

 

Mais passons sur ces considérations.

 

Ce qui m'ennuie le plus, ce qui me mets le plus mal à l'aise, ce sont les propos limite sexistes tenus à mon encontre.

Les « HOUUUU vous avez mis une jolie jupe » avec une tête évoquant celle du loup de Tex Avery, langue déroulée comprise.

Les regards appuyés sur le petit décolleté que je mets en été, quand il fait 45° dans le bureau.

Les « Et sinon vous êtes mariée ? » en quête d'un, on ne sait jamais, rendez vous ?

Les « J'ai remarqué que j'éternue à chaque fois que j'éjacule, c'est normal ? Je peux vous montrer si vous voulez » (véridique).

 

Peut-être que j'interprète un peu trop les propos et les comportements de mes patients ?

Peut-être un cours sur la communication non verbale qui m'aurait traumatisé ?

 

Je vous raconte la dernière expérience en date (hier matin, ce n'est pas vieux).

 

C'est un ancien patient, dont je soigne toujours l'épouse. Ils vivent à domicile. Elle n'a plus toute sa tête, Aloïs est encore passé par là.

La libido de MrCho est au top de sa forme. Il fait appel au téléphone rose, à des professionnelles, bref, il ne se gêne pas. Ce qui est tout à fait normal et non choquant.

Ce qui peut gêner un peu plus, ce sont les rencontres avec celles de ses voisines qui sont démentes. Mais pourquoi pas, si elles sont d'accord.

 

Par contre, quand il se permet de me faire des propositions plutôt indécentes, là ça me gêne.

Bien sûr, c'était finement amené, une approche totalement indirecte, voire INNOCENTE, mais tellement chargée de sous entendues.

 

MrCho « Et sinon, vous êtes mariée ? (Notez toujours la même approche, citée plus haut)

Moi - Oui

MrCho « Et vous avez des enfants ?

Moi - Non

MrCho « C'est vrai qu'avec votre métier c'est difficile. Pourtant les femmes ont été créées pour faire des enfants, mais bon, l'évolution de la société... (AAAAAAH ça commence à me plaire ça)

Moi - C'est certain que mes horaires sont peu compatibles avec un enfant

MrCho « Remarquez, il y en a qui n'y arrivent pas à en avoir, des enfants. Regardez, il y a 6 mois, une des infirmières de mon épouse, avec son mari, ils ne pouvaient pas en avoir. Bon c'était LUI le coupable, il avait des traitements qui rendent stérile. Hé ben elle était triste, mais triste...(Hou le grand méchant mari)

Moi - Moui

MrCho « Bon j'ai bien compris qu'elle me proposait de lui faire un enfant hein. Et j'aurai pu, et DE BON CŒUR docteur. Mais bon, et s'il avait été malformé ? Hein ? On aurait été 3 à être tristes. Elle, son mari, et puis moi. Alors j'ai refusé.

Moi - Mmmmm

 

Bon, je sais pas vous, mais moi j'ai compris, au milieu de tout ça : « Je suis encore fringuant et vert, j'intéresse des femmes jeunes. Je peux te faire découvrir des choses, Docbulle, c'est quand tu veux où tu veux. ».

Je me suis peut-être montée la tête toute seule hein. Je ne sais pas.

Est ce que les médecins de sexe masculin ont aussi à faire avec ce genre de remarque ?

J'imagine que certains ont eu droit à des érotomaniaques, ou des femmes sans sous vêtements entreprenantes.

 

Moi je me suis sentie agressée.

Et j'angoisse à l'idée de devoir le recroiser dans 1 mois pour le renouvellement de son épouse.

Par bulledeviebulledesurvie - Publié dans : Survie
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Lundi 23 septembre 1 23 /09 /Sep 07:00

J'ai essayé de réfléchir, comme tous mes confrères, au pourquoi.

 

Pourquoi on connait si peu la médecine de ville, qu'elle soit d'ailleurs Médecine Générale ou autres spécialités.

Essayez de trouver des cardiologues tentés pour s'installer dans des zones peu dotées, un peu éloignées des CHU, pour faire de la cardiologie de "débrouillage", si vous me permettez l'expression.

 

Est-ce parce que nos professeurs de fac, hospitalo-universitaires, n'ont eux-même que peu de lien avec la Médecine Générale et la médecine libérale ? C'est vrai qu'un y repensant, je n'ai pas le souvenir d'avoir eu un enseignant, durant mes 6 premières années d'étude, ne pratiquant qu'en libéral, mais je me trompe peut-être.

 

Est-ce une volonté politique ? Je n'ose pas y croire.

 

C'est pourquoi je suis impatiente de connaître les idées de notre ministère de tutelle sur la manière d'améliorer la formation des jeunes générations pour leur donner les moyens et l'envie d'avoir l'activité dont je rêve encore.

 

En attendant, voici les idées communes de nombreuses personnes motivées par le sujet.

 

 

 

Médecine générale :

dernier arrêt avant le désert

 

Comment sauver la médecine générale en France et assurer des soins primaires de qualité répartis sur tout le territoire ?

Certains d’entre nous avaient fait en 2012, un certain nombre de propositions dans le cadre de l’opération #PrivésDeDéserts.

Marisol Touraine présente ce lundi sa Stratégie nationale de santé. Cet évènement constitue l'occasion de nous rappeler à son bon souvenir, rappel motivé par l'extraordinaire enthousiasme qui avait accompagné nos propositions (voir plus bas les 600 commentaires) dont aucune n'a été reprise par la Ministre.

Nos idées sont concrètes et réalistes pour assurer l'avenir de la médecine générale et au-delà, des soins primaires de demain.

Notre objectif est de concilier des soins de qualité, l’éthique de notre profession, et les impératifs budgétaires actuels.

Voici une synthèse de ces propositions.

Sortir du modèle centré sur l’Hôpital

Depuis des décennies, l’exercice de la médecine ambulatoire est marginalisé, privé d’enseignants, coupé des étudiants en médecine. La médecine hospitalière et salariée est devenue une norme pour les étudiants en médecine, conduisant les nouvelles promotions de diplômés à délaisser de plus en plus un exercice ambulatoire qu’ils n’ont jamais (ou si peu) rencontré pendant leurs études.

Cette anomalie explique en grande partie les difficultés actuelles. Si l’hôpital reste le lieu privilégié d’excellence, de recherche et de formation pour les soins hospitaliers, il ne peut revendiquer le monopole de la formation universitaire. La médecine générale, comme la médecine ambulatoire, doivent disposer d’unités de recherche et de formation universitaires spécifiques, là où nos métiers sont pratiqués, c'est-à-dire en ville et non à l’hôpital.

La formation universitaire actuelle, pratiquée quasi-exclusivement à l’hôpital, fabrique logiquement des hospitaliers. Pour sortir de ce cercle vicieux, il nous semble nécessaire de réformer profondément la formation initiale des étudiants en médecine.

Cette réforme aura un double effet :

Rendre ses lettres de noblesse à la médecine « de ville » et attirer les étudiants vers ce mode d’exercice. Nous ne pouvons reprocher aux étudiants en médecine de ne pas choisir une spécialité qu’ils ne connaissent pas.

-  Apporter des effectifs importants de médecins immédiatement opérationnels dans les zones sous-médicalisées.

Il n’est pas question dans ces propositions de mesures coercitives aussi injustes qu’inapplicables contraignant de jeunes médecins à s’installer dans des secteurs déterminés par une tutelle sanitaire.

Toute mesure visant à obliger les jeunes médecins généralistes à s’installer en zone déficitaire aura un effet repoussoir majeur. Elle ne fera qu’accentuer la désaffection pour la médecine générale, poussant les jeunes générations vers des offres salariées (nombreuses), voire vers un exercice à l’étranger.

Une véritable modernisation de la formation des médecins est nécessaire. Il s’agit d’un rattrapage accéléré d’opportunités manquées depuis 50 ans par méconnaissance de la réalité du terrain. Si la réforme Debré de 1958 a créé les CHU (Centres Hospitaliers et Universitaires), elle a négligé la création de pôles universitaires d’excellence, de recherche et de formation en médecine générale. Ces pôles existent dans d’autres pays, réputés pour la qualité et le coût modéré de leur système de soins.

Idées-forces

Les principales propositions des médecins généralistes blogueurs sont résumées ci-dessous. Elles sont applicables rapidement.

  • Enseignement de la Médecine Générale par des Médecins Généralistes, dès le début des études médicales
  • Construction par les collectivités locales ou les ARS de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires qui deviennent aussi des maisons médicales de garde pour la permanence des soins, en étroite collaboration avec les professionnels de santé locaux.
  • Décentralisation universitaire qui rééquilibre la ville par rapport à l’hôpital :

Ces maisons de santé se voient attribuer un statut universitaire. Elles hébergent des externes, des internes et des chefs de clinique (3000 créations de postes). Elles deviennent des MUSt : Maisons Universitaires de Santé qui constituent l’équivalent du CHU pour la médecine de ville.

  • Attractivité de ces MUSt pour les médecins seniors qui acceptent de s’y installer et d’y enseigner :

Statut d’enseignant universitaire avec rémunération spécifique fondée sur une part salariée majoritaire et une part proportionnelle à l’activité.

  • Création d’un nouveau métier de la santé : “Agent de gestion et d’interfaçage de MUSt” (AGI).

Ces agents polyvalents assurent la gestion de la MUSt, les rapports avec les ARS et l’Université, la facturation des actes et les tiers payants. De façon générale, les AGI gèrent toute l’activité administrative liée à la MUSt et à son activité de soin. Ce métier est distinct de celui de la secrétaire médicale de la MUSt. Les nouveaux postes d’AGI pourraient être pourvus grâce au reclassement des visiteurs médicaux qui le souhaiteraient, après l’interdiction de cette activité. Ces personnels trouveraient là un emploi plus utile et plus prestigieux que leur actuelle activité commerciale. Il s’agirait d’une solution humainement responsable. Il ne s'agit en aucun cas de jeter l'opprobre sur les personnes exerçant cette profession.

  • Les « chèques-emploi médecin »

Une solution innovante complémentaire à la création du métier d’AGI pourrait résider dans la création de « chèques-emploi » financés à parts égales par les médecins volontaires et par les caisses.

Il s’agit d’un moyen de paiement simplifié de prestataires de services (AGI, secrétaires, personnel d’entretien). Il libérerait des tâches administratives les médecins isolés qui y passent un temps considérable, sans les contraindre à se transformer en employeur, statut qui repousse beaucoup de jeunes médecins.

 

Nos propositions et nos visions de l’avenir de la Médecine Générale, postées simultanément par l'ensemble des 86 participants, sur nos blogs et comptes Twitter, le 23 septembre 2013, sont des idées simples, réalistes et réalisables, et n'induisent pas de surcoût excessif pour les budgets sociaux.

L’ensemble des besoins de financement sur 15 ans ne dépasse pas ceux du Plan Cancer ou du Plan Alzheimer ; il nous semble que la démographie médicale est un objectif sanitaire d’une importance tout à fait comparable à celle de la lutte contre ces deux maladies.

Ce ne sont pas des augmentations d’honoraires que nous demandons, mais des réallocations de moyens et de ressources pour rendre son attractivité à l’exercice libéral.

 

Les participants à l'opération (Noms ou Pseudos Twitter) :

 

1.     Docteurmilie 

2.     Dzb17 

3.     Armance64 

4.     Matt_Calafiore 

5.     Docmam 

6.     Bruitdessabots 

7.     Ddupagne 

8.     Souristine 

9.     Yem

10.   Farfadoc

11.   SylvainASK

12.   Docteur Sachs Jr

13.   Méd Gé de L’Ouest

14.   Docteur Gécé

15.   DrKalee

16.   DrTib

17.   Gélule, MD

18.   DocAste

19.   DocBulle

20.   Docteur Selmer

21.   Dr Stephane

22.   Alice Redsparrow

23.   Docteur_V

24.   Dr_Foulard

25.   Kalindéa

26.   DocShadok

27.   Dr_Tiben

28.   Bismuth Philippe

29.   PerrucheG

30.   BaptouB

31.   Juste un Peu Sorcier

32.   Elliot Reid-like

33.   MimiRyudo

34.   SacroStNectaire

35.   DrGuignol

36.   DrLebagage

37.   Loubet Dominique

38.   CaraGK

39.   DocArnica

40.   Jaddo

41.   Acudoc49

42.   AnSo1359

43.   DocEmma

44.   DrPoilAGratter

45.   GrangeBlanche

46.   Docteur Pénurie

47.   Borée

48.   10Lunes

49.   Echocardioblog

50.   OpenBlueEyes

51.   nfkb

52.   Totomathon

53.   SophieSF

54.   SuperGélule

55.   BicheMKDE

56.   Knackie

57.   DocCapuche

58.   John Snow

59.   Babeth_Auxi

60.   Jax

61.   Zigmund

62.   DocAdrénaline

63.   DrNeurone

64.   Cris et chuchotements

65.   YannSud

66.   Nounoups

67.   MademoiselleAA

68.   Boutonnologue

69.   Françoise Soros

70.   Une pédiatre

71.   Heidi Nurse

72.   NBLorine

73.   Stockholm

74.   Qffwffq

75.   LullaSF

76.   DocteurBobo

77.   Martin Minos

78.   DocGamelle

79.   Dr Glop

80.   Ninou

81.   Martin Winckler

82.   UrgenTic

83.   Tamimi2213

84.   Doc L

85.   DrLaeti

86.   LBeu

 

 

 

 

http://www.clubdesmedecinsblogueurs.com/PrivesDeMG/?p=1

 

https://www.facebook.com/pages/Priv%C3%A9s-de-MG/667223639954475?hc_location=stream

 

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Par bulledeviebulledesurvie - Publié dans : Survie
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Mardi 17 septembre 2 17 /09 /Sep 16:50

Cet été a été compliqué. Difficile. Quasi insoutenable.

J'ai failli tout plaquer.

Au bout d'1 an et demi d'installation, oui.

 

Et pourtant j'aime mon métier. Quand je peux le pratiquer dans des conditions acceptables.

Avec 15 vraies minutes à accorder à chaque patient au minimum, pas 6 ou 7.

Quand je peux faire de la prévention.

Quand j'ai les moyens de BIEN le faire, tout simplement.

 

Mais pourquoi je n'en ai pas les moyens ?

 

Parce que personne ne veut s'installer dans ma ville ? C'est certain que la population dans mon bassin de vie est vieillissante. Et les jeunes commencent à revenir dans la ville de leur enfance. Et font des enfants. Dans ma patientèle, j'ai 20% de plus de 70 ans, et 17% de moins de 16 ans. C'est varié comme activité. Mais la moyenne de travail  est de 4000 consultations et 500 visites par an et par médecin dans ma région. Ca ne me semble pas insurmontable.

 

Parce que certains confrères ne peuvent plus faire que de l'abattage ? Est-ce que par ricochés, je ne suis pas quelque part obligée de soutenir le même rythme de travail ? Pas forcément. Je ne devrais pas être tributaire du mode d'exercice des autres, et surtout je ne dois pas me laisser contaminer par un mode de travail qui n'est pas le mien et qui n'est par conséquent pas satisfaisant pour moi.

 

C'est peut-être parce que je n'ai pas été formée à la pratique de la Médecine Générale ambulatoire, à la médecine de ville, au delà de la médecine de famille, à la médecine de premier recour, à la gestion d'une entreprise (oui, une vraie petite entreprise, avec des salariés, des factures à payer, des commandes à passer).

 

J'ai choisi cette spécialité de Médecine Générale de manière volontaire, pas par dépit comme peuvent encore le penser certains autres spécialistes ou patients.

Cependant, je n'avais JAMAIS mis les pieds dans un cabinet de Médecine Générale, à part en tant que patiente.

Quand j'y repense, ça me semble incroyable d'avoir eu la possibilité et la chance de tester beaucoup de spécialités, médicales ou chirurgicales, mais JAMAIS la Médecine Générale.

Ca me semble aussi incroyable qu'il n'y ait pas eu plus de cours dans ma fac de prise en charge des pathologies courantes, de jeux de rôles ("Bonjour, j'ai mal au ventre, c'est quoi ?"), des cours d'éducation des patients à l'intérêt des consultations de bobologie.

Ca me semble toujours incroyable de ne pas avoir au moins assisté à un petit séminaire obligatoire, on va dire durant l'internat de Médecine Générale, de gestion de cabinet (les différents types d'installation, les charges à prévoir, les assurances à prendre...).

 

Et je me demande, aujourd'hui, maintenant, en écrivant, comment j'ai pu, FOLLE que je suis, choisir de nous plonger, moi et mon TeddyBear, dans l'inconnu le plus total.

 

#PrivésDeMG

Par bulledeviebulledesurvie - Publié dans : Survie
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